Repères chronologiques

Cervens est situé au pied de la montagne d’Hermones, du Forchat et des Voirons. Son territoire de 636 ha est compris entre les altitudes de 574 m et 1214 m. L’altitude du chef-lieu est 630 m. La population du village – chef-lieu et hameaux –, longtemps restée aux environs de 500 habitants, avoisine aujourd’hui 1300 habitants.

Le chef-lieu dans les années 1960.

Le bassin lémanique a naturellement été un lieu de passage et de séjour pour des peuples migrants : les Ligures à l’âge de bronze (– 2200 à – 1600) puis les Celtes vers le IVe siècle avant notre ère, puis par les Romains de – 121 à 435. Le nom de Cervens viendrait de Cervenz, probablement d’un homme latin Cervius. 

Au Ve siècle, les Burgondes venant de territoires germaniques fondent un empire qui couvre notamment la Savoie, avant d’être intégré à l’espace mérovingien (Ve – VIIe siècle).

« Il est possible de présumer que Cervens avait déjà son église au début du XIIe siècle et probablement à l’époque de Charlemagne » 

Cervens n’a pas échappé à la peste noire qui a atteint la région lémanique en 1348 puis 1411 et 1443. La moitié de la population aurait été victime de ces épidémies.

Pendant le système féodal, du Xe au XVe siècle, le pouvoir des seigneurs s’affirme, tel celui de la famille des de Cervens, une de plus anciennes et des plus puissantes maisons féodales du Chablais. Citons : 

  • Herluin de Cervens, co-fondateur en 1108 de l’abbaye d’Abondance,
  • Pierre de Cervens co-fondateur en 1138 de la chartreuse de Vallon à Bellevaux,
  • Jean de Cervens  qui vécut au début du XVe siècle dans un château au chef-lieu du village, château brûlé par les Genevois en 1536 et dont il ne reste rien. 
  • Un Jean de Cervens fut maréchal de Savoie de 1394 à 1410.

Du XVe au XVIIIe siècle, le village fait partie du duché de Savoie, fief du Saint Empire romain germanique. Cervens (250 habitants en 1518) subit l’occupation bernoise (1536) et la religion réformée, puis l’occupation française jusqu’en 1559 suivie de la reconquête catholique avec François de Sales qui vint y prêcher le 12 mars 1597. Le règne de Charles-Emmanuel (1580-1630) imposa un état de guerre incessant et pendant une longue période (XIVe au XVIIe siècle), Cervens vécut dans une misère générale avec guerres, pillages, destructions, épidémies (encore la peste en 1630), une occupation française de 1690 à 1696 puis espagnole de 1742 à 1749.

1793 : Cervens devient français dans le département du Mont Blanc puis du Léman. 

1815 : Après la chute de Napoléon Bonaparte, la Savoie revient dans le royaume de Piémont-Sardaigne. 

1860 : la Savoie est à nouveau – et définitivement – française.

1870 : guerre de Napoléon III contre les prussiens et premier conflit après le Rattachement : deux morts à Cervens. C’est aussi le début de l’installation des idées républicaines dans la Savoie du Nord et de l’ancrage progressif de Cervens dans ce courant de pensée (et d’action) de gauche.

1914-1918 : vingt-six jeunes hommes du village ont péri dans les tranchées de 14-18.

1927 : Albert Boccagny, figure emblématique de Cervens au XXe siècle, est élu maire. Il conservera son mandat jusqu’en 1971.

Jusque dans les années 1970, Cervens et ses hameaux ont conservé un caractère agricole et de production laitière. C’est vers la fin du XXe siècle que la déprise agricole et la transformation des modes de vie ont façonné le village que nous connaissons aujourd’hui : nombre d’agriculteurs réduit à 3 – mais qui maintiennent la vie pastorale –, maisons individuelles et lotissements, emplois à l’extérieur et notamment frontaliers.

Documentation : VUARNET Émile, Histoire de la commune de Cervens en Chablais, Académie chablaisienne, 1951.

WURRY Andrée, La gabelle du sel, Centre généalogique de Savoie.