On observe une évolution entre 1886 et 1946 (premier et dernier recensements en ligne aux Archives départementales) : si une grande majorité des hommes sont agriculteurs ou cultivateurs en 1886, on remarque que la commune est riche d’artisans ou commerçants variés : menuisiers, charpentiers, cantonniers, épiciers.
On trouve également des professions absentes aujourd’hui du village : tailleur, maréchal (pour maréchal ferrant), garde-champêtre.
Et d’autres complètement oubliées :
Cafetier : personne qui tient un café. Parfois il suffisait de vendre des boissons à son domicile pour être cafetier.
Charron : Une des nombreuses tâches du charron était la fabrication de roues à moyeu, légères et résistantes en bois, à la taille adaptée au type de véhicule construit. Le cerclage de leurs jantes par une bande de métal, une étape essentielle pour terminer la fabrication d’une roue adaptée à une route en dur. Cette opération consistait grosso modo à enserrer la roue dans un bandage de fer, placé à chaud au rouge sur le bois du pourtour circulaire. Le fer en état dilaté se contractait en refroidissant à la température ambiante, le rétrécissement assurant le serrage des pièces simplement assemblées.
Un essieu et ses roues à rayons
Desservant(e) : le curé
Domestique : certaines familles plus aisées employaient un(e) aide à domicile, elle était nourrie et logée la plupart du temps.
Galochier : fabriquant de galoches, chaussures à semelle de bois et tige en cuir, parfois cloutées pour la neige
Quelques modèles de galoches aussi appelées socques
Graniteur : profession connue surtout dans la vallée de Chamonix et dont le savoir-faire est arrivé avec les Italiens à Cervens. Il consiste à tailler les blocs de granit pour en faire des bassins ou de monuments, des éléments de construction comme des escaliers extérieurs ou les encadrements de fenêtre.
De gauche à droite : La croix Blanchard du chef-lieu, le bassin de Pessinges, un escalier en granit.
Journalier : personne qui se fait embaucher selon les besoins, souvent en période de fenaison.
Rentier(e) : personne qui n’a pas besoin de travailler, qui vit de ses rentes.
Tisserand : il tisse des fils pour en faire une étoffe de lin, chanvre ou laine
Quant aux femmes on notera que parfois elles sont : cuisinières ou couturières, ou encore institutrices. Si elles restent à la maison on leur donne le titre de ménagère, contrairement aux années passées où elles étaient qualifiées de « sans emploi » (alors que le plus souvent elles aidaient leurs maris aux travaux de la ferme).
Dans les recensements, on peut remarquer que jamais on ne trouve le mot retraité ni au chômage dans la colonne profession !