Les épiceries du village

Le recensement de population de 1886 mentionne deux magasins à Cervens : l’épicerie Dunand (François et Adèle) puis Bel (Jules), avec bureau de tabac, qui deviendra l’épicerie Peillex au chef-lieu vers 1910 et l’épicerie Vailly (Auguste et Louise) à Pessinges.

L’épicerie Peillex, au chef-lieu

À l’épicerie initiale de 1886, se sont ajoutés un bureau de tabac quelques années plus tard et  un débit de boissons en 1910, propriété de Célestin et Victorine Peillex.

Victorine (sur la carte de 1950) a tenu l’épicerie jusqu’en 1953 ; sa fille Irène a alors pris le relai. Le café a disparu dans les années 1960, l’épicerie a pris sa place puis le magasin a fermé définitivement à la retraite d’Irène au milieu des années 1980.

Carte postale de 1914 : Célestin Peillex est à gauche devant l’entrée du café ; son épouse Victorine est à droite (portant dans ses bras leur fille Germaine). L’épicerie est à droite du bâtiment. Des hommes du village sont attablés autour d’une chopine et les enfants ne veulent pas rater l’occasion d’être sur la photo. À droite du cliché, la fruitière, installée elle aussi sur la Place ; le tas de bois sert au chauffage des cuves.

Carte postale de 1950 :

Les différentes activités sont indiquées sur la façade (partiellement visible aujourd’hui) : épicerie-mercerie-café-restaurant-recette buraliste-tabacs-dépôt de colis du PLM, sans oublier la cabine téléphonique.

La COOP, au chef-lieu

Au début des années 1930, « la COOP », Union des coopérateurs de Haute-Savoie dont le maire Albert Boccagny est administrateur, ouvre une succursale à Cervens. Julien et Marthe Vuagnoux s’y installent en 1932,  puis à la Libération, Jean et Suzanne Desjacques, jusque dans les années 1960. Ensuite, le camion de la COOP d’Evian s’arrêtera chaque semaine au village jusqu’au début des années 1970.

À droite du cliché (années 1930), on distingue l’enseigne de la COOP,(aujourd’hui le 177 rue de l’Église).

L’épicerie Vailly, à Pessinges

L’épicerie de Pessinges, tenue à l’origine par Auguste Vailly (originaire d’Allinges), a été exploitée jusque dans les années 1960 par ses descendants : son fils Henri puis sa belle-fille Berthe.

L’accès de l’épicerie Vailly se faisait, pour les habitués (c’est-à-dire la plupart des clients) par l’escalier de l’actuel 6 rue du Four (photo de 1970). Il fallait traverser la cuisine pour arriver au magasin. Les habitants de Terrotet allaient y chercher l’essentiel par un sentier à travers le marais, le même sentier utilisé par ceux de Pessinges pour venir à la boulangerie de Terrotet (la route des Lanches n’existait pas).

L’épicerie Chatel, à Pessinges

En novembre 1976, Simone Chatel a ouvert une épicerie située dans l’actuelle rue du Lavoir, au numéro 26. Elle restera ouverte une dizaine d’années. Nicoletta, nouvellement installée à Pessinges, venait parfois y faire ses courses

Nicoletta pose devant l’épicerie pour le photographe d’une revue dédiée à la chanson (probablement Salut les copains, qui faisait fureur à l’époque). Elle habitera Pessinges de 1975 jusqu’au début des années 1980.

L’épicerie de la fruitière, au chef-lieu

L’ancienne coopérative fruitière recevait le lait des producteurs et vendait au détail lait, beurre et fromage – emmenthal puis reblochon – aux habitants. D’abord sur la place du village, elle s’est installée près de l’école et de la salle polyvalente sur la route des Collines en 1948 jusqu’en 2008.

En 1983, alors que les commerces de détail ont disparu du village, les agriculteurs (et coopérateurs) installent dans le hall de l’ancienne fruitière, une petite épicerie proposant pain, fromage et un assortiment de base. Malgré les services rendus, elle a fermé avant l’an 2000.

Le petit fond d’épicerie qui subsiste dans l’actuelle boulangerie depuis son ouverture en 2006 a un rôle très marginal.

L’épicerie est utilisée notamment par celles et ceux – plutôt âgé(e)s – qui sont restés fidèles jusqu’au bout aux commerces du village, mais cela n’a pas été suffisant pour en assurer la pérennité.