Pour que les ménages aux revenus modestes puissent bénéficier de ces loisirs nouveaux, des lieux d’accueil aux conditions abordables sont apparues : terrains de camping, colonies de vacances, pensions de famille… Ces dernières, souvent implantées en milieu rural chez des particuliers qui disposaient de locaux suffisants, d’un confort souvent spartiate, recevaient des citadins qui cherchaient à passer quelques semaines de repos et de découverte à des conditions compatibles avec leurs revenus.
À Pessinges, Lucien et Julie Pinget se sont lancés dans l’aventure. Ils ont aménagé quatre chambres disposant de l’eau courante – confort tout à fait appréciable à l’époque. Les premiers pensionnaires sont arrivés à l’été 1948.
Des estivants venaient de différentes régions de France, de Paris et de sa banlieue, ainsi que du Maroc et de l’Algérie – deux pays encore sous domination française –. L’endroit était agréable et l’accueil chaleureux et apprécié puisque des familles sont revenues plusieurs années de suite.
La pension Pinget vers 1950. Le chemin est l’actuel chemin de la Molire.
Le livre de compte, heureusement conservé, donne le détail des différents séjours. Par exemple, à l’été 1952, une famille de quatre personnes a séjourné vingt-sept jours à Pessinges et a payé 73 020 (anciens) francs « café et cidre compris », soit aujourd’hui environ 17 € par jour et par personne.
Les enfants des pensionnaires apprécient le dépaysement et l’immersion dans le milieu paysan. L’escalier de pierre, au bout du chemin, marque l’entrée de la pension.
La notion de pension de famille a progressivement perdu son sens au fur et à mesure du développement d’autres formes de tourisme. La pension Pinget a fonctionné jusqu’à l’été 1960. Les locaux ont ensuite été transformés en logement loué l’été.
C’est aujourd’hui une habitation privée.